[ Qui sommes-nous ? ]

Peu de filles dans les filières techniques et scientifiques, peu de femmes dans les métiers scientifiques, en particulier en mathématiques, c’est de ce constat et de la volonté d’y remédier qu’est née en 1987 l’association femmes et mathématiques.

Elle compte actuellement environ deux cent membres, pour l’essentiel des mathématiciennes travaillant à l’Université ou dans des organismes de recherche et des professeurs de mathématiques de l’enseignement secondaire ou de classes préparatoires mais aussi des sociologues, des philosophes et des historiennes s’intéressant à la question des femmes dans les milieux scientifiques. 

[ Nos objectifs ]

  • Encourager la présence des filles dans les études mathématiques et plus généralement scientifiques et techniques.
  • Agir pour la parité dans les métiers des mathématiques et pour le recrutement de plus de femmes en mathématiques dans les universités.
  • Promouvoir la participation des femmes dans les milieux mathématiques.
  • Sensibiliser la communauté scientifique et éducative à la question de l’égalité femme/homme.
  • Etre un lieu de rencontre entre mathématiciennes.

Peu de filles dans les filières techniques et scientifiques, peu de femmes dans les métiers mathématiques : la mixité dans l’enseignement secondaire, généralisée en 1975, n’a donc pas entrainé magiquement une véritable diversification de la vie scolaire et professionnelle. D’autre part, la fusion des Écoles normales supérieures (ÉNS) au milieu des années 1980 a supprimé le système de quota de fait que représentaient les ÉNS de jeunes femmes et entraîné une chute drastique du recrutement d’étudiantes-professeures en mathématiques dans les ÉNS.

C’est de ces constats, du désir de réfléchir plus profondément aux problèmes qu’ils suggèrent et d’y remédier, que l’association femmes et mathématiques est née en 1987. Depuis cette date, ses activités se sont développées et élargies, avec le souci constant de mener de concert approfondissement théorique et action pratique. Son expertise est reconnue par les instances nationales et européennes

Dès ses débuts, l’association a mené des actions en direction de différents publics.

  • Élèves de collèges et lycées : opération « 50 lycées » en 1987, puis développement des interventions dans les établissements scolaires et les classes ;
  • Enseignantes et enseignants : modules de formation (PAF, IUFM, IREM de Lyon, ÉSPÉ de Paris et de Créteil) ; participation aux journées de l’APMEP ;
  • Le monde mathématique : première intervention officielle de l’association sur la place des femmes en maths lors du colloque Mathématiques à venir organisé par la SMF et la SMAI en 1987 ; création du Forum des jeunes mathématiciennes en 1995 et premier forum en 1996.
  • Sur le plan international : organisation du cinquième congrès d’EWM en 1992 avec le soutien de la Commission européenne, ainsi que d’une conférence franco-russe en 1997 avec le soutien du CNRS, au CIRM à Marseille ; participation à de nombreux colloques.

Au fil des années, les actions de l’association se sont diversifiées et intensifiées, et ont permis une reconnaissance officielle de son travail à la fois sur le plan institutionnel, dans la communauté mathématique et dans celle des femmes scientifiques.

En 1995, femmes et mathématiques obtient un bureau à l’Institut Henri Poincaré (IHP), au même titre que les sociétés savantes de mathématiques et de physique (SMF, SMAI, SFP), ce qui officialise son appartenance à la communauté mathématique.

L’association contribue à l’élaboration de rapports officiels sur la place des femmes dans l’enseignement secondaire et dans l’enseignement supérieur et la recherche au plan national et européen (réseau ETAN de la commission européenne).

L’association est régulièrement invitée par les ministères chargés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche pour des réunions de travail, notamment sur les programmes de mathématiques et la formation des enseignant·e·s.

Des membres de l’association sont auditionnées par différentes commissions parlementaires, par exemple pour la mise en œuvre de l’égalité entre les filles et les garçons dans les programmes de l’enseignement scolaire, ou encore dans le cadre d’un rapport d’information sur l’égalité femme-homme.

Outre l’organisation de nombreuses rencontres et les collaborations avec des organismes ayant des préoccupations communes, l’association mène un travail de recherche et d’élaboration de statistiques sur les femmes dans les milieux scientifiques pour parvenir à un état des lieux clair, assurer un suivi et étayer sa réflexion.

A l'occasion de ses dix ans en 1997, l’association organise une journée intitulée Des femmes dans les mathématiques contemporaines rendant hommage à quatre pionnières mathématiciennes françaises.

Depuis les années 2000, les actions se développent dans différentes directions et se multiplient.

L’association poursuit l’organisation de conférences et de colloques, souvent à l’Institut Henri Poincaré à Paris, mais aussi en région, au cours desquels interviennent des scientifiques, des sociologues et des spécialistes des études féministes. Les sujets abordés concernent principalement la place de femmes dans les sciences. En 2004, le colloque Regards croisés sur la désaffection des jeunes pour les études scientifiques universitaires rassemble des sociologues et des enseignant·e·s de mathématiques.

En 2007, suite au colloque du vingtième anniversaire, l’association entreprend un travail sur les stéréotypes sociaux de sexe et la menace du stéréotype.

Pour ses 25 ans, en 2012, elle organise une table ronde, intitulée Quel avenir pour les femmes en mathématiques ?, en présence de personnalités dont Najat Vallaud-Belcacem, ministre des droits des femmes, et Cédric Villani, médaille Fields 2010.

Le colloque pour la célébration de ses 30 ans en septembre 2017 a eu pour thème L'enseignement des mathématiques : où en sont les différences filles-garçons ?, et a été organisé en collaboration avec la Commission française pour l’enseignement des mathématiques (CFEM), le réseau des IREM et l’Institut Henri Poincaré.

L’association s’engage dans des projets tels PICRI en Région Île-de-France, PREMA en Europe, ICWES14 à l’international, et Hypatia, projet européen ambitieux pour encourager les adolescent·e·s, et particulièrement les filles, à choisir des métiers et filières scientifiques.

Elle participe à de nombreux événements comme l’opération initiée en 2007 par la Ville de Paris, 1000 ambassadrices pour les sciences à Paris.

L’association développe également des interventions dans le champ politique : rencontres avec plusieurs ministres successifs, saisine de la HALDE sur l’absence d’internat pour les étudiantes de CPGE en 2008, propositions aux candidat·e·s aux élections présidentielles en 2007, 2012 et 2017.

Elle est régulièrement sollicitée pour des auditions par différentes instances dont l’Assemblée nationale, le Sénat, l’Inspection générale et le Haut conseil pour la science et la technologie.

Une convention-cadre est signée en 2004 pour 3 ans par le ministère délégué à la recherche avec les associations femmes et mathématiques, Femmes & Sciences, Femmes Ingénieurs pour contribuer à inciter les filles à s'engager dans des études scientifiques et techniques. Elle a été, depuis 2004, renouvelée tous les 3 ans.

Dans le cadre du Plan pour les sciences et les technologies à l’école (2011), le ministère signe une convention avec les associations femmes et mathématiques, Femmes & Sciences et Femmes Ingénieurs, pour promouvoir les sciences et les techniques auprès des filles.

L’association est impliquée dans l’élaboration et le suivi de la mesure 8 « Un combat contre les stéréotypes sexués » de la stratégie Mathématiques mise en place en 2014 par le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Les interventions dans les collèges et lycées se multiplient partout en France, le plus souvent en partenariat avec les associations Femmes & Sciences et Femmes Ingénieurs.

L’association femmes et mathématiques produit des statistiques sur la place des femmes en mathématiques dans le monde de la recherche et participe à de nombreux colloques et manifestations en France et à l’étranger.

Elle participe à des manifestations grand public : année mondiale des mathématiques, année mondiale de la physique, salon de la culture et des jeux mathématiques, semaine de la science, salon de l’éducation, Sciences sur Seine, journée internationale des droits des femmes du 8 mars, bars des sciences, semaine des mathématiques, Forum Mathématiques vivantes, de l’école au monde.

Sur le plan international, l’association participe en déléguant des représentantes et/ou intervenantes aux colloques de l’European Platform of Women Scientists (EPWS) (dont elle est membre) et de l’European Women in Mathematics (EWM). Elle soutient l’African Women in Mathematics Association (AWMA) créée en 2013.

L’association est sollicitée pour l’expertise des dossiers de candidates pour les bourses doctorales et post-doctorales « L’Oréal-Unesco – Pour les Femmes et la Science ».

Elle participe à des jurys, tels ceux des prix de la vocation scientifique et technique des filles, du prix Faites de la science ou du prix d’Alembert, ainsi qu’au mentorat pour le prix Miss Maths en Côte d’Ivoire.

Le prix Irène Joliot-Curie lui est remis en 2001 par le ministère de la recherche et la fondation d’entreprise EADS pour l’exposition « Femmes en maths, pourquoi pas vous ? ».

Les actions de l’association sont reconnues officiellement, et plusieurs présidentes ont été distinguées dans les ordres nationaux de la Légion d’honneur et du Mérite.

Quelques actions spécifiques en cours

- Les journées « Filles et maths : une équation lumineuse », avec l’association Animath.

Cette initiative part du constat que les réticences des filles à l’égard des sciences et techniques se vérifient en France comme en Europe et qu’elles les détournent de branches professionnelles porteuses d’emploi. Les associations femmes et mathématiques et Animath ont ainsi décidé d’organiser des journées réservées aux jeunes filles élèves de collège ou lycée, ou en début d’études enseignement supérieur.

La première journée a eu lieu le 8 décembre 2009 à l’IHP. Chaque journée regroupe une centaine de jeunes filles dans un établissement d’enseignement supérieur. Au total fin 2017, 70 journées ont été réalisées un peu partout en France.

En 2015, une journée a été organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar avec 200 jeunes filles.

Pour cette action, l’association reçoit le prix « Education », qui lui remis le 8 mars 2017 dans le cadre de la campagne ministérielle « Sexisme pas notre genre ! ».

 

- Les « Rendez-vous des jeunes mathématiciennes », avec l’association Animath.

Le premier Rendez-vous s’est déroulé du 11 au 13 novembre 2016 : il rassemble 24 lycéennes motivées et à « fort potentiel en maths », venant de toute la France, sélectionnées sur la base de lettres de motivation.

Le temps se partage entre conférences, rencontres avec des femmes scientifiques, travaux de recherche en petits groupes, présentation des compétitions proposées par Animath.

Fin 2017, quatre rencontres ont eu lieu dans des ÉNS (Paris, Lyon, Rennes) et à l’Énac à Toulouse.

 

- Le « Forum des jeunes mathématiciennes ».

L’objectif est de rendre plus visibles et de mieux faire connaître les contributions des femmes aux mathématiques, d’encourager les jeunes mathématiciennes à avoir confiance en elles-mêmes et à se sentir membres à part entière de la communauté mathématique.

Entre 1996 et 2010, le Forum a été organisé tous les deux ans à Paris.

Puis le Forum a été soutenu par la Mission pour la place des femmes au CNRS comme action représentant une mise en œuvre exemplaire de mentorat. Grâce à ce soutien, le Forum est devenu annuel à partir de 2012 et se déroule chaque année dans une université différente.

Pendant trois jours, le Forum rassemble une quinzaine de jeunes mathématicien·ne·s en cours de thèse ou ayant soutenu leur thèse récemment. Il comporte des conférences plénières au cours desquelles des mathématiciennes confirmées présentent leurs travaux et des sessions parallèles, avec exposés courts et communications des jeunes. Une session de mentorat et de formation aux stéréotypes dans les sciences est aussi assurée.

Le Forum s’est déroulé à Lille en 2015, à Strasbourg en 2016 et à Nancy en 2017.

 

Création d’outils de communication 

Une subvention du ministère chargé des droits des femmes permet le lancement d’une revue à partir de 1996 intitulée femmes & math, ainsi que l’organisation de réunions scientifiques.

En 2001, l’association publie le livre « Rencontres entre artistes et mathématiciennes » (Éditions l’Harmattan) et un numéro spécial de la revue femmes & math, intitulé « Des femmes dans les mathématiques contemporaines », ainsi que le livre « Du côté des mathématiciennes » en 2002 (Éditions Aléas).

L’association réalise en 2001, avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale et du CNRS, l’exposition « femmes en maths, pourquoi pas vous ? » destinée principalement aux élèves des établissements du secondaire. Cette exposition vise à montrer les possibilités de carrière, à combattre les stéréotypes sur les mathématiques, à donner aux lycéennes l’audace de s'engager dans cette discipline. Elle est accompagnée d’une publication sous forme de livret qui reprend les contenus de l’exposition et d’un manuel de présentation destiné aux enseignant·e·s. Une version en anglais de l’exposition et des documents d’accompagnement est réalisée pour une diffusion internationale.

L’association débute une collaboration avec des troupes de théâtre en 2006 avec la pièce Le cas de Sophie K, puis en 2008 avec Le crâne et la mécanique ou la double vie d’Ada Lovelace, en 2009 avec Dérivée, théâtre-forum animant les journées « Filles et maths : une équation lumineuse ». L’objectif est de présenter des mathématiciennes dans l’histoire ou d’aborder les questions délicates liées aux stéréotypes de sexe à l’école et dans les sciences à travers la fiction.

Un compte Twitter et le site internet http://www.femmes-et-maths.fr/ permettent de gagner en visibilité médiatique.

Depuis 2012, une Newsletter trimestrielle diffuse les informations relatives à l’association et aux mathématiciennes, en remplacement de la revue dont la parution a cessé en 2010.

Des réalisations en partenariat

En partenariat avec les associations Femmes & Sciences et Femmes Ingénieurs, le site « Elles en sciences » est créé en 2001, un livret et un diaporama « Les femmes et les sciences ... au-delà des idées reçues » sont réalisés en 2007. La dernière mise à jour du livret date de décembre 2016.

En partenariat avec l’Onisep et les sociétés savantes de mathématiques ou d’informatique, sont réalisées les brochures « Zoom sur les métiers des mathématiques » en 2007, puis « Zoom sur les métiers des mathématiques et de l’informatique » en 2015.

L’association femmes et mathématiques s’implique, aux côtés de Femmes & Sciences, de Femmes ingénieurs et de Réussir l’égalité femmes hommes (REFH), dans la réalisation d’une Formation en ligne ouverte à toutes et tous (FLOT/MOOC) intitulée : « Etre en responsabilité demain : se former à l’égalité entre les femmes et les hommes ». Ce FLOT est hébergé au sein de Sillages, une initiative de la CGE. La formation est lancée le 3 juin 2015, lors d’une conférence de presse en présence de Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des droits des femmes. Elle s’adresse principalement aux futur·e·s enseignant·e·s.

L’association participe au « Dictionnaire des femmes créatrices » (Éditions Des femmes), publié en 2013, en proposant et rédigeant des articles sur des mathématiciennes. Une version numérique augmentée paraît en 2015.

Dans le monde associatif

En 1998, femmes et mathématiques participe à la création de l’association Animath, qui fédère les associations et sociétés savantes liées aux mathématiques.

L’association est l’un des membres fondateurs de l’association « Femmes & Sciences », créée en 2000.

Elle participe à la création du collectif ActionSciences (2002) qui regroupe 14 associations, sociétés savantes et associations de professeurs dans les domaines scientifiques (chimie, physique, mathématiques, sciences et vie de la terre). L’objectif est de mener une réflexion sur les études scientifiques au lycée ainsi que des actions de sensibilisation auprès des politiques pour valoriser la formation scientifique.

L’association femmes et mathématiques est membre de la Commission française pour l’enseignement des mathématiques (CFEM) depuis 2014, et depuis 2015, membre du Comité de suivi de la « stratégie Mathématiques ».

Elle est adhérente et impliquée dans les actions des associations internationales poursuivant des buts similaires telles que EWM, EPWS et AWM (Association for Women in Mathematics).

Partenaires institutionnels de l’association

- Plusieurs mairies, dont celle de Paris, ainsi que plusieurs régions et universités en France ; par exemple, femmes et mathématiques est partenaire de l’opération « jeunes talents mathématiques Midi-Pyrénées » destinée aux élèves de quatrième, pour leur permettre de passer une semaine à faire des mathématiques à l’Université Paul Sabatier à Toulouse.

- Les ministères chargés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche ; l’inspection générale de mathématiques ; le réseau des IREM ; l'INSMI.

D’autres partenaires soutiennent ou ont soutenu l’association comme la Mission pour la place des femmes au CNRS, la MIPADI, le consortium Cap’Maths, la Fondation l’Oréal et la Fondation Blaise Pascal.