[ Femmes en mathématiques ]

Au fil de l'actualité et de nos recherches, nous ajoutons des éléments biographiques de mathématiciennes.

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[ LIBERMANN Paulette ] Paris 1919 - Montrouge 2007

Brillante élève au lycée Lamartine, à Paris, elle est admise à l’École normale supérieure de Sèvres en 1938. La physicienne Eugénie Cotton, qui en est alors la directrice, a pour ambition que les sévriennes puissent recevoir un enseignement du même niveau que leurs collègues masculins de la rue d’Ulm. C’est ainsi que Paulette Libermann aura comme enseignants Élie Cartan et André Lichnerowicz. Elle y fera aussi la connaissance de Jacqueline Ferrand, devenue en 1939 agrégée préparatrice.

En 1940 la législation antisémite de Vichy l’empêche de préparer l’agrégation, mais  Eugénie Cotton lui avait obtenu le droit de rester à l’École, où elle commence un travail de recherche sous la direction d’Élie Cartan. En 1942, elle doit se réfugier à Lyon avec toute sa famille et ne pourra réintégrer l’ENS de Sèvres qu’en 1944. Elle peut alors se présenter à l’agrégation.

Elle est d’abord nommée professeure à Douai, puis au lycée de jeune filles de Strasbourg. C’est là qu’elle fait connaissance avec Georges Reeb, René Thom et Charles Ehresmann, sous la direction duquel elle commence une thèse. Elle la soutient en 1953, devenant la première sévrienne titulaire d’un doctorat de mathématiques. Elle devient professeure d’Université à Rennes, puis à Paris, à partir de 1966.

Elle y anime un séminaire, d’abord avec Ehresmann, jusqu’en 1979, puis avec des collègues plus jeunes, jusqu’en 1990. Elle y invitait des personnalités déjà célèbres, mais aussi de jeunes mathématiciens et mathématiciennes alors encore peu connu-e-s.

Ses sujets de recherche sont nombreux et ses publications impressionnantes, de 1954 à 2007, en particulier dans sa spécialité, la géométrie différentielle. Elle a étudié des notions devenues plus tard fondamentales en géométrie symplectique : structures presque complexes, feuilletages lagrangiens, … Le livre de géométrie symplectique(1986–1987), qu’elle a écrit  avec Charles-Michel Marle, reste une excellente référence. Et elle fut invitée dans de nombreuses universités et centres de recherche dans le monde entier.

Elle a publié et participé à des séminaires jusqu’à la fin de sa vie, en 2007. Toutes celles et tous ceux qui l’ont côtoyée ont apprécié ses connaissances très étendues, son jugement très sûr et sa chaleur humaine.

 

Indications bibliographiques :

AUDIN Michèle,  Paulette Libermann, EuMS Newsletter 66 (Dec 2007)

KOSMANN-SCHWARZBACH Yvette, Hommage à Paulette Libermann (1919-2007), SMF Gazette 114 (Octobre 2007).

LIBERMANN Paulette, and MARLE Charles-Michel, Symplectic geometry and analytical mechanics, Dordrecht, Reidel Publishing Co., 1987.

 MARLE Charles-Michel, Hommage à Paulette Libermann (14 novembre 1919 - 10 juillet 2007), SMF Gazette 114 (Octobre 2007).