[ Femmes en mathématiques ]

Au fil de l'actualité et de nos recherches, nous ajoutons des éléments biographiques de mathématiciennes.

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[ MIRZAKHANI Maryam ] Téhéran, Iran, 1977-Stanford, USA, 2017

Pour la première fois dans l’histoire, le 12 août 2014, une femme, Maryam Mirzakhani, a reçu la médaille Fields, la plus prestigieuse récompense en mathématiques. A cette occasion, l’Union mathématique internationale déclarait à son sujet : « Dotée d’un éventail très divers de techniques et de cultures mathématiques, elle incarne un équilibre rare entre une superbe compétence technique, une audacieuse ambition, une vision qui porte loin et une curiosité profonde. L’espace des modules-un de ses domaines de recherche-est un monde où de nombreux territoires attendent d’être découverts. Mirzakhani est destinée à rester à la pointe de cette exploration qui continue. »

Elle a grandi à Téhéran, où elle est admise au lycée Farzanegan, un établissement d’élite pour des filles aux talents exceptionnels. A 17 ans, en 1994, celle qui rêvait enfant de devenir écrivain, devient la première iranienne à remporter la médaille d’or aux Olympiades internationales de mathématiques, où s’affrontent les meilleurs lycéen-ne-s du monde. En 1995, lors de cette même compétition, elle établit « un score parfait ».

Après un premier cycle universitaire en mathématiques à Téhéran, elle poursuit ses études à Harvard, où elle soutiendra sa thèse sous la direction de Curtis McMullen, lui même médaillé Fields 1998.

 Depuis 2008, elle était professeure à Stanford, après avoir enseigné quelques temps à Princeton.

Ses travaux les plus remarquables sur les surfaces de Riemann et les espaces de modules relient plusieurs domaines mathématiques tels la géométrie hyperbolique, la topologie et les systèmes dynamiques.

Honorée de nombreux autres prix, dont le prix Ruth Lyttle Satter en 2013 et le Clay Research Award en 2014, elle aimait à souligner qu’il n’y a pas de domaine inaccessible aux femmes, et affirmait que beaucoup d’autres seront honorées de la médaille Fields dans le futur, car il y a de nombreuses jeunes mathématiciennes brillantes.

Elle est décédée à Stanford, le 15 juillet 2017, des suites d’un cancer du sein. Elle avait tout juste 40 ans. «Maryam est partie bien trop tôt mais son influence restera vivante à travers les milliers de femmes qu’elle a encouragées sur la voie des maths et des sciences», a déclaré à son décès le président de Stanford, Marc Tessier-Lavigne. Il saluait la mémoire d’une mathématicienne «ambitieuse, déterminée et intrépide face aux problèmes auxquels d’autres ne voulaient pas, ou ne pouvaient pas, s’attaquer».

Elle aura marqué l’histoire du monde mathématique et l’histoire des femmes, en particulier dans  son pays d’origine. La plupart des journaux iraniens, pour saluer sa mémoire, ont publié des photos de Maryam, non voilée, en dépit des interdits religieux.

Indications bibliographiques :

GHYS Etienne, Maryam Mirzakhani, médaille Fields 2014, http://images.math.cnrs.fr/Maryam-Mirzakhani-medaille-Fields.html

KLARREICH Erica, « A tenacious explorer of abstracts surfaces », Quanta magazine, Simons Foundation, 12 août 2014,  https://www.quantamagazine.org/20140812-a-tenacious-explorer-of-abstract-surfaces/

MCMULLEN Curtis, The work of Maryam Mirzakhani, Cambridge (USA), 2014,  http://www.math.harvard.edu/~ctm/papers/home/text/papers/icm14/icm14.pdf